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348 satellites. Des centaines d’entreprises mobilisées à travers l’Europe. Des acteurs publics et privés qui doivent avancer ensemble. Et un objectif : construire une infrastructure de connectivité européenne souveraine, sécurisée et résiliente.

Avec IRIS², l’Europe entre dans une nouvelle phase de son ambition spatiale.

Après la revue de programme conclue le 6 août 2026, IRIS² est entré dans une phase de déploiement à grande échelle. La future constellation comptera 348 satellites, dont 330 en orbite terrestre basse et 18 en orbite moyenne, avec de premiers lancements prévus à partir de 2029.

L’investissement total prévu dépasse 15,6 milliards d’euros, dont 11,6 milliards de financement public et jusqu’à 4 milliards apportés par les opérateurs privés du consortium SpaceRISE. Derrière ces chiffres se joue un enjeu stratégique majeur : renforcer l’autonomie de l’Europe en matière de communications sécurisées et réduire sa dépendance vis-à-vis de systèmes non européens.

Mais réussir IRIS² ne dépendra pas uniquement de la performance des technologies développées. Ce sera aussi un immense défi humain et organisationnel.

La souveraineté européenne, une aventure collective

Commission européenne, ESA, EUSPA, États membres, opérateurs privés, grands groupes industriels, PME, scale-ups…

IRIS² repose par définition sur un écosystème complexe. Le programme est porté par un partenariat public-privé avec SpaceRISE, qui rassemble SES, Eutelsat et Hispasat, et mobilise une base industrielle européenne comprenant notamment Airbus Defence and Space, Thales Alenia Space, OHB et Aerospacelab, ainsi que de nombreuses entreprises de la chaîne d’approvisionnement.

Cette architecture industrielle donne une idée de l’ampleur du défi : Thales Alenia Space fournira les charges utiles gouvernementales des 330 satellites LEO ; Airbus produira et intégrera les 66 premiers satellites LEO à Toulouse ; Aerospacelab réalisera les plateformes des 264 autres satellites LEO ; OHB construira les 18 plateformes MEO ; tandis qu’Eutelsat, SES et Hispasat/Indra piloteront respectivement des composantes majeures des segments LEO, MEO et sol.

La question n’est donc pas seulement : sommes-nous capables de développer les technologies nécessaires ? Elle est aussi : sommes-nous capables de faire travailler ensemble, suffisamment vite et efficacement, autant d’organisations différentes autour d’une même ambition ?

C’est là que la notion de souveraineté prend une autre dimension.

La souveraineté technologique nécessite des infrastructures, des compétences et des industries fortes. Mais elle suppose également une capacité collective à décider, coopérer, partager l’information et exécuter.

Comme le résume Xavier, associé chez Convidencia : « Les transformations technologiques les plus ambitieuses restent avant tout des aventures humaines. »

La technologie à elle seule ne suffit pas

Cette réalité était particulièrement visible lors des Industry Space Days de l’ESA, auxquels deux de nos associés, Michel Duchateau et Xavier, ont participé les 16 et 17 septembre derniers aux Pays-Bas.

L’événement réunissait l’écosystème spatial européen — startups, PME, midcaps, grands intégrateurs et institutions — avec un objectif assumé : favoriser les rencontres, les partenariats et la coopération au sein du secteur spatial européen.

Un terrain particulièrement révélateur de ce qui se joue aujourd’hui dans les grands projets technologiques européens.

Michel le résumait ainsi à son retour : « Quand il est question de faire coopérer autant d’acteurs sur des enjeux aussi exigeants que celui de la souveraineté européenne, la tech à elle seule ne fait pas le projet. »

IRIS² ajoute à cette complexité une forte pression d’industrialisation : montée en cadence, intégration multi-sites, interfaces entre entreprises, gouvernance partagée et harmonisation des pratiques. La performance du programme dépendra donc autant de la qualité de ces interfaces que de celle de chaque composant technologique.

Comment faire coopérer autant d’acteurs ?

Dans un programme comme IRIS², chaque acteur possède son expertise, ses responsabilités, ses contraintes, ses processus et sa propre culture.

La difficulté consiste à faire de cette diversité une force plutôt qu’une source de ralentissement.

Cela suppose de créer les conditions permettant aux acteurs de comprendre leur rôle dans l’ensemble, prendre des décisions au bon niveau, partager rapidement l’information, résoudre les problèmes ensemble et avancer dans une direction commune.

Dans un écosystème de cette taille, la clarification des rôles et des responsabilités, la gouvernance des interfaces et la coopération inter-sites deviennent des capacités opérationnelles à part entière.

Autrement dit, il ne suffit pas de distribuer les responsabilités. Il faut construire une véritable capacité collective.

Défense, intelligence artificielle, énergie, infrastructures critiques, industrie… Les grandes ambitions européennes reposent de plus en plus sur des écosystèmes dans lesquels acteurs publics et privés doivent être capables de travailler ensemble.

Dans ces environnements complexes, la qualité de la coopération devient elle-même un avantage stratégique.

De l’ambition à l’exécution

L’Europe affiche aujourd’hui clairement son ambition de renforcer son autonomie stratégique dans le spatial et de construire un écosystème européen capable de grandir, de passer à l’échelle et de rivaliser au niveau mondial.

IRIS² en est l’une des illustrations les plus concrètes.

Mais entre une ambition politique, une prouesse technologique et son exécution à grande échelle, il reste un élément essentiel : la capacité des organisations à se transformer et à travailler autrement.

Le passage à l’échelle ne concerne d’ailleurs pas uniquement les grands groupes : le contrat de 2,4 milliards d’euros attribué à Aerospacelab pour 264 plateformes LEO illustre le changement d’échelle que certains acteurs européens vont devoir absorber en quelques années.

Chez Convidencia, nous aidons les organisations à gagner en efficacité et en agilité grâce à des méthodes et des outils innovants, développés et ajustés sur le terrain.

Ce que nous observons depuis des années dans les transformations que nous accompagnons, c’est que lorsque les projets deviennent plus complexes, ajouter des processus, des niveaux de validation ou des outils ne suffit pas. Il faut avant tout travailler sur les modes de décision, l’autonomie, la transversalité, la confiance, l’engagement et la capacité des équipes à coopérer au-delà des silos.

Dans le nouveau spatial européen, ces dimensions prennent une importance très concrète : faire coopérer des équipes et des entreprises réparties dans plusieurs pays, sécuriser les décisions aux interfaces, accompagner les managers dans la montée en cadence et préserver l’agilité tout en industrialisant.

La souveraineté européenne représente un immense défi technologique et industriel, et sa réussite dépendra aussi de notre capacité à nous organiser collectivement pour la rendre possible.

Vous travaillez sur des projets complexes qui nécessitent de faire coopérer de multiples acteurs ?
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